Qui suis-je

biographe pas-de-calais


Je m’appelle Astrid Canivez.
Je suis écrivain biographe, installée à Camiers – Sainte-Cécile dans le Pas-de-Calais, sur la jolie Côte d’Opale.

Depuis l’enfance, j’ai toujours été sensible aux histoires.
Très tôt, la lecture s’est imposée comme une évidence : un refuge doux et familier.
Les livres m’ont offert des voix, des atmosphères, des vies.
Ils m’ont appris la nuance, le rythme, la justesse. Cette façon de se laisser porter par les mots, à entrer dans les récits avec naturel, comme on franchit une porte familière.
 
Ma bibliothèque rassemblait des univers multiples : de grands classiques, des romans policiers, des histoires diverses, toutes porteuses de voix singulières.
Je pouvais lire plusieurs livres à la fois, passer de l’un à l’autre, emportée par cette sensation intime d’entrer dans les récits.

Ces lectures ont façonné mon regard, nourri mon imaginaire et ancré en moi ce lien profond aux mots et à l’écriture.
 
« Je déclare après tout qu’il n’y a pas de plaisir comme la lecture ! Combien plus tôt on se lasse
de tout que d’un livre ! Quand j’aurai ma propre maison, je serai malheureux si je n’ai pas une excellente bibliothèque. »
Jane Austen – Orgueil et Préjugés

La photographie occupe elle aussi une place importante dans ma vie.
J’aime saisir des instants de vie, capter des moments partagés, ces fragments du réel qui, une fois figés, deviennent mémoire.

À travers une image, passent des émotions, des silences, des regards, des messages parfois imperceptibles.
Comme les mots, la photographie raconte, conserve et transmet.

Je viens d’un univers où l’on a souvent aimé sans bruit. Avec pudeur, avec courage, avec une présence simple.
Une famille qui a beaucoup donné pour les siens, toujours avec dignité et humanité, cette chaleur que l’on porte dans le cœur et dans le sourire.

Des membres de ma famille m’accompagnent encore aujourd’hui, à travers les souvenirs et les gestes transmis.

Je pense à mon arrière-grand-mère, ma douce mémé Marie-Louise.

Un petit bout de femme qui pouvait paraître fragile et pourtant qui portait en elle une grande force.

Elle nous préparait toujours de bons petits plats maison lorsque nous venions la visiter, malgré sa vue déclinante.
Je sens encore l’odeur de la tarte au maroilles qui embaumait sa petite maison soigneusement rangée. Je la revois, assise à sa table de cuisine, son regard empli d’amour et de tendresse.

Les souvenirs sont parfois flous mais certains d’entre eux restent gravés comme cette vue derrière cette porte qui menait à son potager, son si beau potager.
 
Je pense aussi à mon grand-père, mon tendre pépé Michel.
Une personne si douce et aimante aussi bien par ses gestes que par ses mots.

Il n’avait pas beaucoup de moyens et pourtant, je le revois se lever de la table, se diriger vers son buffet, ouvrir le tiroir qui se trouvait tout en bas pour en sortir sa boîte en fer contenant quelques billets et pièces, car il tenait à nous donner nos étrennes.

Je me rappelle également ce plaisir qu’il avait à regarder les films de Louis de Funès ou Sissi à la période des fêtes de fin d’année.
Je revois leurs regards si doux posés sur nous, leur tendresse, leur émotion au moment de notre départ.

J’aurais tant aimé avoir leur livre de vie, voir leur histoire gravée sur le papier pour que ces souvenirs flous deviennent clarté.
Des sentiments transmis avec pudeur et délicatesse, des moments de vie qui font celle que je suis aujourd’hui.
 
Cet héritage familial, fait de pudeur, de courage et d’attentions silencieuses, a profondément façonné ma personne.
Grandir entourée de ces femmes et de ces hommes qui donnaient sans bruit, qui aimaient sans grands mots, m’a appris très tôt la bienveillance, la valeur de l’écoute silencieuse, le respect et la discrétion.
Sans que je le sache encore, ces qualités allaient devenir des fondations essentielles de mon chemin professionnel.

J’ai exercé pendant quinze ans en tant que juriste en droit de la famille.
Un métier exigeant, fait de rigueur, de discrétion et de respect.
J’y ai appris l’importance des silences, la force de la présence, et l’accueil de l’émotion lorsqu’elle se présente.
 
Pendant toutes ces années, j’ai accompagné des personnes et des familles dans des moments sensibles et déterminants de leur existence.
Très tôt, j’ai compris que chaque existence porte en elle un récit digne d’être écouté, respecté et conservé.
 
C’est de cette sensibilité-là qu’est né mon désir de donner une place aux histoires de vie, et d’en faire le cœur même de mon métier.

Il y a deux ans, j’ai accompagné mon beau-père dans la fin de sa vie, en soins palliatifs. Dans ce temps suspendu, j’ai côtoyé, un homme qui aimait profondément écrire, comprendre d’où il venait, et explorer ses origines. Il avait ce besoin de transmettre : à son fils, à sa petite-fille, à ceux qui resteraient.

Sans que je mette encore des mots dessus, quelque chose a grandi en moi : cette évidence que la transmission peut prendre la forme d’un livre, un écrit fidèle, humain, qui recueille une voix et la protège.

On parle souvent de nos ancêtres pour comprendre nos racines, mais nos origines se tissent aussi dans les histoires plus proches : celles des parents, des grands-parents, de ceux qui nous ont façonnés. J’ai ressenti combien, même dans des lieux parfois froids et impersonnels, comme un hôpital, le fait de pouvoir raconter son histoire, se déposer, d’être écouté avec respect, et de savoir qu’il restera un livre, apporte une lumière particulière. Comme une douceur inattendue au coeur d’un dernier chapitre difficile.

Aujourd’hui, j’ai choisi de mettre ma sensibilité, mon empathie et mon écoute au service des mots, au service des histoires de vie.
Recueillir une parole, la respecter, lui donner une forme écrite fidèle et sensible, tout en honorant l’émotion vécue.
 
Je suis convaincue qu’un livre peut changer une vie, voire plusieurs. C’est avec cette conviction que j’exerce mon métier d’écrivain biographe.